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19/11/2025

Crédits immobiliers : pourquoi les taux repartent à la hausse et comment s’y préparer

Nathalie Duny

Crédits immobiliers : pourquoi les taux repartent à la hausse et comment s’y préparer

Après une accalmie printanière, les taux des crédits immobiliers remontent progressivement depuis l’été 2025. Entre concurrence bancaire, prudence réglementaire et tensions sur les marchés obligataires, la mécanique se complexifie et pèse sur la capacité d’emprunt des ménages. Voici un décryptage clair pour anticiper vos décisions d’achat.

Ce qu’il faut retenir
* Les taux moyens se rapprochent de 3,20 % en fin d’année, avec des hausses plus marquées sur 20 et 25 ans.
* Le marché se recentre vers des durées plus courtes, ce qui réduit la capacité d’emprunt, surtout pour les primo-accédants.
* L’activité repart mais reste en retrait par rapport à 2019, dans un contexte bancaire plus sélectif.
 


La dynamique de remontée des taux : le dessous des chiffres 

Selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA, le taux moyen s’est établi à 3,14 % en octobre, après cinq mois quasi stables puis un redémarrage en septembre. Derrière ce chiffre global, les « produits phares » bougent plus vite : les prêts à 25 ans ont gagné 12 points de base entre mars et octobre, ceux à 20 ans 16 points de base, contre 4 points sur 15 ans. Dans ce climat d’incertitude, de contexte politico‑économique détérioré,  de tensions géopolitiques persistantes et de remontée des rendements obligataires, les banques redoublent de prudence et jonglent entre deux exigences : reconstituer leurs marges pour renforcer les fonds propres, au risque d’alourdir les taux des nouveaux prêts immobiliers, et préserver la solvabilité de leurs clients en limitant ces hausses.

 

Pouvoir d’achat immobilier : un équilibre plus difficile à trouver 

Le durcissement des conditions d’octroi a fermé la porte de la propriété à de nombreux ménages modestes et à tous ceux dont l’apport, au regard de la norme de la Banque de France, n’était plus jugé suffisant. D’après l’Observatoire du Financement du Logement (Institut CSA), la quasi‑totalité du recul des flux d’accession entre 2019 et 2024 (–29,4 %, soit 262 100 opérations) provient de ce rationnement, dont –226 800 primo‑accédants (–36,2 %). Cette contraction a provoqué un effondrement inédit de la construction et un net retrait des transactions dans l’ancien, avec un impact massif sur le secteur.
Parallèlement, la composition de la production évolue : les prêts de 25 ans et plus se raréfient. Pour les ménages déjà touchés par le rationnement, l’accès au crédit s’en trouve encore compliqué. Le léger mieux repéré dans l’ancien par l’Observatoire LPI et le rebond des ventes de maisons individuelles restent ainsi vulnérables, et pourraient s’interrompre si la remontée des taux se prolonge.


Depuis le printemps, la cadence de croissance de la production en glissement annuel (trimestriel glissant) ralentit : +24,3 % en septembre contre +52,3 % en avril selon la Banque de France ; +28,3 % en septembre contre +49,2 % en mars d’après l’Observatoire Crédit Logement/CSA. Ce refroidissement ne se résume pas à un simple effet de base après les hausses rapides observées en 2024 : il intervient dans un environnement de taux en hausse, de transformation de la structure des prêts, de prudence renforcée des banques et d’incertitudes politico‑économiques persistantes.
Certes, la Banque de France juge que la production de crédits immobiliers a retrouvé un niveau satisfaisant dans son Stat Info « Crédits aux particuliers » de fin septembre (publication du 6 novembre). Et les indicateurs confirment un regain d’activité : +34,3 % à fin septembre en GA (BdF) et +36,3 % à fin octobre (Crédit Logement/CSA). Néanmoins, l’OPCI montre qu’entre janvier et septembre 2025, les versements de crédits (en volume, aux prix des logements et travaux) restent 30,7 % en dessous de 2019, avant l’impact de la recommandation du HCSF. Bref, le redressement est réel mais l’équilibre demeure précaire.

 

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Perspectives des taux : cap sur la vigilance 

L’orientation des taux plaide pour de nouvelles hausses. Les marchés obligataires se retendent graduellement ; parallèlement, la désinflation n’entraîne pas de baisse des taux de la BCE, qui a laissé sa politique inchangée le 30 octobre et ne devrait pas bouger avant le Conseil du 18 décembre. Le principal taux de refinancement finirait donc l’année à 2,15 % (niveau en vigueur depuis le 11 juin). En bout de chaîne, le taux moyen des crédits se situerait un peu au‑dessus de 3,20 %, avec un possible pic à 3,25 % si les banques réarbitrent en faveur des marges, d’autant que la demande fléchit saisonnièrement de 16 % entre septembre et décembre et ne repart vraiment qu’en février‑mars.
Dans un tel cadre, une offensive commerciale d’ampleur paraît improbable avant février 2026. Les taux devraient ainsi continuer de se tendre, portés par les déséquilibres des marchés monétaire et financiers, la hausse des primes de risque, la fragilisation des emprunteurs et la pression sur la profitabilité des nouveaux engagements. La stabilisation entrevue dans les scénarios d’octobre serait donc repoussée au moins jusqu’au printemps.
La conjoncture politico‑économique restant dégradée, le taux réel (corrigé de l’IPCH) dépasse 2 %, un sommet inédit depuis 15 ans, historiquement associé à des marchés du logement et du crédit affaiblis. Dans un contexte de revenus peu dynamiques — et appelés à le rester en 2026 —, ce niveau de taux réel signale une demande plus fragile et un risque de crédit accru. Au total, sans choc macroéconomique majeur, la progression des marchés devrait ralentir au fil de la remontée des taux immobiliers.

 

Le mot de la fin 

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